Showing posts with label Nous On Joue. Show all posts
Showing posts with label Nous On Joue. Show all posts

3.7.12

Humeur du jour : Communiquons

Pardon, oui… je te parle… Quoi ? Tu ne dis rien… tu écoutes. Alors, je reprends... Je crois que tu n’as pas bien interprété, je n’ai pas dit ça. Comment j’ai changé d’avis,  tu veux dire ?  Non, enfin peut être oui, un peu. Je pense que je ne l’ai pas dit, ou pas comme ça, c’est sur. Je te l’accorde, surement pas bien. Disons que tout cela se mélange, mais ce n’étais pas mon but, ça tu l’entends... Coupure.
Hein, pas facile, non ça c’est bien vrai. Mais je n’arrête pas de te le répéter, tu ne veux pas changer d’idée. Ce ne correspond pas à ce que tu pensais. Stopper ? Mais pourquoi ? Mais si on se comprend… ou pas, peut être pas. Oui je me tais,  j’ai essayé, pas réussi, je le sens…Ça dépend ? Mais de quoi, ta journée, avant, ce qu’il s’est passé avant, on avance, tu crois ? Comment ? Trop loin ?
Je ne crois pas, je refuse, parle, je ne t’écoute plus, de toute façon je n’ai rien dit. Lâcher prise, mais pourquoi tu te répètes? Je ne comprends rien. Et ben OK ou plutôt  non, je ne veux pas!... Je ne sais plus, oublie ça de toute façon, ça n’a pas de sens. Pas si facile, et ben alors OK n’oublie pas, comme tu veux... Je ne me suis pas bien exprimée peut être, c’étais claire pourtant ? Dans ma tête oui… On ne va pas essayer encore… peut être avec les mains… allons –y …Coupure.
Comment ? Non je sais plus ce que je voulais dire maintenant, enfin ce n’est peut être pas le plus important, ha mais toi tu sais, alors vas y montre moi. Alors là tu n’y es pas du tout, non tu vois ce n’est pas ça, je recommence. Mais, tu ne vois pas que j’essaye. Alors je t’écris, tu me lis… Coupure.
Plait-il, je fatigue, énervée, ce n’est pas de ma faute, mais non tu n’y es pour rien non plus, toi non plus tu n’as rien dit. Évidemment je t’écoute. J’ai rien entendu, je le fait exprès, oui comme d’habitude. Aie tu me parlais, mais moi je pensais, alors pourquoi tu le dis, en fait tu l’as pas dit, mais on en est où?...Coupure.
Hein, je ne sais plus, oui, ça fait un moment déjà, un autre jour peut être… Je ne sais pas faire, toi peut être, je perds mes mots…Coupure.

…N’en parlons plus, je crois qu’on s’est comprise.

25.6.12

Humeur du jour


Vite, cours, attention, il s’échappe. 
Vite, cours, rattrape le, serre le encore, oui tout contre toi, comme ça, dis lui que tu ne te sens pas complet sans lui. Les gens ne diront rien, ils se moqueront légèrement peut être…. Ridicule… je ne sais pas, puisque tu l’aimes tant. Ha non, moi je n’en veux pas, n’aies pas peur. Oui, je le trouve exaltant, excitant, déroutant. Mais non je n’en veux pas ! Il te rend fou parfois…. Quelqu’un d’autre semble le convoiter ? Lui casser les jambes, à qui ? À l’autre ? Pour le récupérer ? Lui crever les yeux je trouve ça mieux…moi… non je te l’ai dit je n’en veux pas. C’est vrai, d’ailleurs je n’en ai pas moi-même, ou peut être un ou deux très bien cachés et certainement quelques-uns un peu  magiques, et puis… je n’ai jamais trop compris comment ça fonctionnait. Certains me sont tombés dans les bras parfois, mais je les abandonnais rapidement au coin d’une route. En fait, je n’ai jamais voulu les garder, je finissais toujours par les jeter dans les bras d’un autre…

C’est pour ça je te regarde, oui je t’observe, tu m’intrigues, tu en convoites un autre, plus grand encore… alors pourquoi ne pas quitter celui là ? Ha oui tu l’aimes aussi, tu en voudrais plusieurs. Oui très heureuse puisque je te l’ai dit. Et puis les petits sont les pires pour moi, ils sont si petits que les gens ont sans cesse peur de les égarer. Je les vois, ils sont comme toi, tout d’un coup, ils s’agitent et se mettent à jouer comme dans un opéra comique, d’ailleurs les spectateurs se lèvent à la fin de l’acte, et tu les verras même applaudir parfois, moi… j’ai toujours regretté d’avoir payé ma place.

Souviens toi, au début, plusieurs fois je n’ai pas vu le tien, je ne faisais pas attention. Souviens-toi comme tu me l'a brandis d’un coup, d’un ton sévère. Et puis tu as tourné les talons décidé en criant « c’est le mien » ! » Tu me le prête… pour m’amuser, pour t’excuser, jusqu’à demain, mais que vais-je en faire de ton petit pouvoir ?


19.6.12

Poème en C



Capitaine Couché

la Cartouchière à ses Côtés

dé-Culotté
Caressé
Cravaché

mes Crocs
ta QUeue

tu Cries
Canaille

30.1.12

Bon Instinct de Jeu 2012 !!

 L'année 2011, restera gravée  dans toutes les mémoires, dans les récits, les annales, les archives, les témoignages. Repensez-y. C’est à peine croyable tout ce qui s'est passé sous nos yeux. L'histoire se souviendra de nous comme des enfants merveilleux du prodige, du miracle.

Les superpuissances mondiales nous ont montré l’efficience d’un nouveau modèle économique, et nous ont redonné confiance en l’avenir. Ensemble, banquiers, routiers, plombiers, traders, artistes, politiques, instits, cheminots, noirs, blancs, sans abris, rentiers nous n’avions qu’un seul mot d’ordre : SO-LI-DA-RI-TE. Dans la rue les richesses se distribuaient et les classes sociales s’effaçaient.

En Grèce, épicentre de ce nouveau monde, nous avons vu s'écrouler sous nos yeux le pouvoir des marchés sur le gouvernement, le troc partout remplacer la monnaie. Le Panthéon emblème de ce changement appartenait à tous, et des bals populaires s’y sont organisés toute l’année.

En France, nous nous sommes rendus compte de l’hyper honnêteté de nos dirigeants, refusant le moindre argent sale et prenant conscience de l’inutilité de leurs ambitions et des luttes de pouvoirs inter clan, ils ont démissionné.  On a vu des caravanes de roms  défiler le 14 juillet à la place de nos habituels chars de guerre, mis au chômage technique.
D’ailleurs dans le monde entier les soldats ont lâché leurs armes, à croire qu'ils s’étaient tous passés le mot, peut être grâce aux réseaux sociaux. Les avions se sont posés et dans les zones de guerre on entendit à nouveau le chant des oiseaux. En cette fin d’année les dirigeants des armées se sont convertis à l’apiculture, horticulture, arboriculture, ou toute autre activité se finissant par culture grâce à un plan social spécial de réintégration dans la société des militaires par le travail manuel. Les récalcitrants ont tous été convaincus grâce à un savant mélange de tendresse, d'arguments et de loisir. Dans les mairies un nouveau service de dons de carte d’identité française a été crée, et un grand sourire suffit désormais pour acquérir ses papiers. Des papiers qui ne servent plus à rien, il faut le dire, mais il faudra sans doute un petit lapse de temps pour nous défaire de certaines mauvaises habitudes. Quand aux préfectures de police, comme on s'en doutait, elles ont brûlé toutes les données, les fichiers et autre paperasserie et les policiers ont rejoint les comités d'organisation des bals et autres festivités de fin d'années.

Tous les immeubles vides de la ville de paris ont été réquisitionnés et utilisés par les Parisiens et les non Parisiens comme bon leur semblait, en bas de chaque immeuble les restaurants communautaires ont fleuri. Nous avons malheureusement vu la disparition de Pôle Emploi, qui ne servait plus guère… mais on parle déjà de le remplacer par des résidences d’artistes, avec conférences, expositions gratuites, et ateliers. De même pour les prisons, qui après rénovations devraient donner naissance à de beaux lieux de liberté.

Notre président qui a décidé de ne pas se représenter, comprenant que la politique de ces dernières années avait été un échec s’est installé, parait il, dans un camp naturiste hippie avec l’ancien directeur du FMI.

Évidemment nous avons enfin vu la signature d'un grand accord mondial, ratifié par tous les pays, prenant enfin des engagements concrets pour lutter contre beaucoup d’aberrations qui nous empoissonnaient la vie jusqu'à maintenant: fermetures des centrales nucléaires, arrêt des explorations et exploitations de gisement de pétrole, protection des peuples, des forêts, abolition de la prison, des genres, de la compétitivité, de la spéculation, de la conquête spatiale, de la télé-réalité,  la liste est bien trop longue pour tout énumérer. Monsanto comme Goldman Sachs, Wall Mart ou Total ont sous la pression populaire mis la clé sous la porte et ont pleuré de joie en direct à la télé pour annoncer leur nouvelle vie qui commençait et le soulagement de pouvoir enfin cesser leurs activités morbides et dévastatrices sans avoir à se justifier.

Les états de Palestine et du Tibet, entre autres, ont enfin été crées et reconnus ! Ils n'auront pas existé bien longtemps car à peine deux mois plus tard, sous l'impulsion des révolutions arabes, les états et frontières étaient déclarés inutiles et caduc, et les assemblées du peuple se gouvernant lui même ont pris avec courage et succès le relai pour organiser la vie des cités. Cette organisation et ces débats populaires prenant tellement de temps on a réduit le temps de travail à son minimum vital: consistant surtout à réparer toutes sortes de choses existantes grâce au soutien notamment de nos amis africains qui ont développé l'art de la récup, déclaré patrimoine de l'humanité par l'UNESCO à la fin de l'année. 

En 2011, nous n’avons jamais vu autant de joie sur les visages, de sourires, d’espoirs. Cette prise de conscience collective en faveur de l’environnement, de la solidarité, du développement nous a tous ému, et plusieurs fois des larmes ont coulé sur nos joues de ne pouvoir croire à tant de bonheur, tant de changement, tant de possibilités.

En ce début d’année 2012, nous nous retrouvons donc dans la situation incongrue, de ne savoir que vous souhaiter pour cette année tellement nous sommes comblées. Les souhaits de bonheur et amitié sont déjà une réalité pour tous. Mieux encore on parle de solidarité, de liberté, de fraternité.

Peut être qu’il y a encore quelque chose …….. JOUER !

Nous vous souhaitons donc à tous de développer toutes sortes de jeux rigolos, satiriques, humains, démoniaques, ironiques, empiriques…! Au travail les amis ! Qu'on vous retrouve dans la rue, dans le bus, autour du monde, avec vos amis, avec les inconnus, en amour, en famille, jouons !

Bon instinct de jeu 2012 à tous !

4.10.11

Jeu Erotique #6

Les contraintes de notre ami Jacques avaient donné lieu au Diable Empourpré. Il nous fait le grand plaisir de jouer avec nous. 

Une salle de sport, 
une femme en fauteuil roulant, 
un gant de boxe.

Une perle à son poignet, elle observait sans y penser la goutte de sueur qui grossissait. Allongées sous la barre de traction, ses pensées s’écrasaient dans les tubes au néon. Elle s’efforçait d’observer, de répéter ses mouvements. Son corps, tous ses muscles tendus s’attendrissaient pourtant entre les plis de son short où elle gardait derrière ses lèvres le foutre de son homme. Elle s’arrêta.
Lui, à quelques mètres de là, immobile, les yeux clos, la nuque déposée, un gant de boxe glissé sous son crâne, mesurait avec plaisir son sexe diminuer, se dégonflant, se tordant entre l’image d’une beauté un peu vague et celle plus précise d’une limace éventrée.
Aussi, maintenant, tous les deux, dans un miroir sans reflet, sans un regard porté, ils s’imaginaient l’un l’autre, l’un ressentant l’autre.
Elle dit : « tu te souviens de mon accident » Ses membres en morceaux, sa chaire enfoncée.
Il chérissait ce corps qui revenait de l’enfer. Il pensait, mon bel amour tu as connu l’enfer.
Il s’approcha pour la saisir. Elle fit semblant de se crisper. Elle lui dit quelque chose. Un mot de passe, une clef. Son short arraché sec dans un souffle  rose et blanc, sa bite plus solide que jamais ouvre alors son beau trou du cul encore moite.
Ils rirent.


Un supplément

Ils allaient danser sur moi. Et moi je rêvais machinalement, j’avalais l’odeur de sel et de cuir qui fuyait de mes gants. Ils me surprirent. Je me croyais  seule dans la salle de sport. Je compris vite. Ils marchaient sur le même sol, un pacte entre eux était conclu. Déjà  leurs mains m’enlevaient du fauteuil roulant, je me laissais tomber, je ne résistais pas. Lui s’empara de mon dos, elle de mon ventre. Ils me mirent nu. Puis ils m’attaquèrent. Je ne sentais pas leurs dents, je ne sentais pas leurs langues courir sur mes cuisses et se rejoindre par moments, se toucher et repartir mais je sentais le sang qui tournait sous ma peau. Maintenant lui me prenait tandis qu’elle maintenait ma tête sous son cul et moi, malgré moi, je gonflais mon vagin autour de son sexe et poussais mon visage plus profond dans sa chatte. Alors que lui  venait, je sentais d’elle un liquide brûlant me dévorer les yeux et pénétrer ma bouche,Je m’étouffais, j’étais trempée d’urine.
Ils dansèrent  sur moi encore un peu, puis m’abandonnèrent.

9.5.11

Jeu Erotique #5 - Le diable empourpré / Episode 4 et fin

« Monte la maintenant » C’est Satan qui dirige le duel. Je fais comme il me regarde ; lui suce son con détrempé, enfonce mon pouce dans son cul, frotte nos sexes l’un contre l’autre. « Regarde comme je la prends, je barbouille mon cul de son écume, enfonce mes ongles dans sa chair opaline, y imprime les traces pourpres de ton regard ». La queue du diable gonfle à nouveau. Je continue de maltraiter consciencieusement le corps de la belle. Je sens mon sexe congestionné, près à éclater à chaque fois que j’effleure la cuisse douce de Martine. J’attends que Satan vienne me décharger. Il s’approche enfin et me prend brusquement sur elle, et à chaque fois qu’il me pénètre, c’est comme s’il rentrait dans un étau. « Fesse moi, fesse moi » je criais. Maintenant je pleure, Martine caresse doucement mes fesses écarlates et endolories. Je ne peux plus me retenir. « Attends, attends encore». Il me prend avec sa langue fourchue et je gicle dans ses yeux.

illustration de Robert Geret

2.5.11

Jeu Erotique #5 - Le diable empourpré / Episode 3

Satan ne dort plus. Il ne pleure plus. Il est furieux. Il déchire ses liens et se jette sur Martine. Ligotée sur la table, les jambes écartées, à la merci du diable... Je reste coite, amusée, et ne réponds pas aux appels à l’aide. Il s’attaque alors à la belle. En un bond il est sur elle, et tout en la baisant, me fait danser du regard. Il enfonce sa queue dans la bouche brulante de Martine. « Salope, pute, chienne ». Bien obéissante elle suce bruyamment la queue du diable. Les éclairs violets accélèrent la cadence ; je danse plus vite pour lui, sans le quitter des yeux. Le cul de Martine englouti son sexe, il l’étrangle doucement, elle jubile . « Baise moi baise moi baise moi». Il saute à terre. Il se branle doucement, l’autre main posée sur le sexe rouge de Martine. Je vois les cheveux roux flamboyants s’approcher. Je recule. Le feu s’avance. Il me propose de jouer avec lui.

illustration de Robert Geret



28.4.11

Jeu Erotique #5 - Le diable empourpré / Episode 2



Nous attachons Satan pour la soirée. Endeuillé, endormi, docile et immobile, nous le déshabillons. Accroupie au-dessus de lui, Martine m’embrasse et glisse ses mains sous mon tee-shirt, elle presse mes seins et me lèche le visage, tire mes cheveux en arrière et lape mon cou. Je retrousse sa jupe, elle déboutonne mon jean. J’enfonce mes doigts dans son sexe trempé qui se contracte. Ses seins frôlent le torse de Satan à chacun de mes va-et-vient. Nous nous attaquons au diable. Je lui lèche les couilles, Martine le prend dans sa bouche. Sa salive coule sur mon visage. Nous le suçons et le frottons jusqu'à qu’il bande. Une fois sa queue bien raide Martine le chevauche en poussant des petits gémissements de petite salope, je lui prend ses seins et frotte mon sexe contre la bouche douce et humide du diable. Elle n’a pas encore passé son tour que notre jouet commence à gémir lui aussi. 


illustration de l'ami Robert Geret


Épisode 3
Pour les retardataires: Épisode 1

26.4.11

Jeu Erotique #5 - Le diable empourpré / Episode 1


(Les contraintes de l'ami Jacques: un bar, un homme qui vient de perdre son père, un somnifère puissant)

Je pousse la porte de chez Martine, il est vautré la tête entre les mains. Il me jette un regard empourpré, ses pupilles sont violettes, je m’assois à coté de ses yeux. Il a les cheveux roux de Satan mais pleure comme un enfant. Son père est mort ce matin « tout seul comme un chien à l’hôpital américain ». Le bar se vide, Martine baisse le rideau de fer et nous sert des Jupiler. Il attrape un de mes seins comme s’il volait une pomme sur un étal. Je le gifle gentiment, Martine rie et nous sert du whisky. J’ai la peau qui palpite, sa maladresse est grisante. Il pleure encore un peu. Martine semble grisée elle aussi. Elle ne porte pas de soutien-gorge, ses seins dansent sous son pull. Porte-elle une culotte ? Elle m’entraine derrière et me propose de jouer avec elle. Quelques grammes de somnifère feront l’affaire. Notre accord est hâtivement signé entre deux baisers. 


illustration de l'ami Robert Geret

10.3.11

Jeu Erotique #3



Le lieu


Le personnage

L'objet


  
La même table, comme tous les soirs. J’étais là sans trop savoir pourquoi. Souvenir d’un autre monde, lumières calfeutrées,  champagne pétillant, artifices illuminés et sadiques. J’imaginais tous ces rêves étriqués qui encombraient cette salle. Paris, le cabaret, les plumes, la nuit, le psychédélique de toute la clique.
Je restais fascinée par ces danseuses déguisées, dernières images érotiques d’un monde sans imagination.
A ma table des hommes, beaux, prometteurs... Sur scène des femmes belles, inaccessibles….

Soudain j’aperçus sa bouche parmi les ombres.
Ses lèvres bougeaient moelleusement comme si elle était en train de déguster un fruit, j’apercevais sa langue de temps en temps. Emoustillée, je pris la direction de son menton, rond comme une fesse de femme. Puis je descendis mon regard jusqu’au creux de son cou, j’imaginais son odeur, mélange de vin rouge et de parfum félin.
Les conversations continuaient à ma table, ennuyantes, des hommes beaux prometteurs regardant des femmes belles inaccessibles. Je nous inventais des jeux érotiques. J’imaginais ma langue qui parcourait son cou. Je continuais mon chemin, le creux de son épaule…

Je fus troublée, déconcertée dans mon itinéraire, j’aperçus une masse mécanique. Cette femme m’intriguait. Je la trouvais tellement belle, tellement femme. J’aimais sa robe fendu jusqu’à la moitié de sa cuisse, j’aimais ses longues boucles d’oreilles qui caressaient parfois ses épaules, j’aimais sa façon de fumer du bout des doigts, j’aimais sa bouche brune. Et pourtant je découvrais son bras mécanique, froid et moderne… J’imaginais les milles vies et les milles amants de cette femme dont le dernier lui aurait arraché le bras de désir. Je me demandais si elle avait déjà eu envie d’une femme, si elle avait déjà pris une femme. Je pensais que oui … surement trop belle pour être honnête.
Mon regard se faisait intense et indiscret, elle me démasqua. Elle me sourit, je l’entendis me chuchoter «  vas y continue, déshabille moi, j’aime ce que tu me fais ». Je fus gênée à mon tour et devais trouver un stratagème, plutôt drôle et cynique pour retomber sur mes pieds. Je partis vers le bar, et demandai à ce barman à plumes et paillettes d’apporter une clé de 12 à la femme en noir accompagné de ce mot :
« Me laisseriez vous démonter votre bras ».

J’observais le ballet du barman jusqu’à elle. Conversations toujours ennuyantes. Hommes prometteurs à ma table… Femmes inaccessibles sur la scène. Elle sourit à la lecture du mot, elle déposa la clé au creux de ses seins ronds, et caressa doucement ses tétons qui se durcissaient sous le froid du métal, puis, elle fit descendre la clé jusqu’a la fente de sa robe et me laissa admirer le haut de sa cuisse. Je voulus traverser cette salle, en furie, et réduire en miette tout ce qui se trouverait sur mon passage.

Je désirais furieusement être cette clé, toucher ses seins, ses fesses, je voulais lui arracher sa robe avec mes dents. J’aurais voulu qu’elle me touche à son tour avec son bras froid et métallique, j’aurais voulu l’entendre crier au milieu de ce cabaret qui nous emmurait. J’aurais voulu que nous nous jetâmes dans les plumes et les paillettes, je voulais la sentir, je voulais fourrer mes doigts dans chaque creux de son corps, que nos sexe se collent, que nos clitoris s’entrechoquent l’un contre l’autre, je voulais regarder sa bouche s’entrouvrir, je voulais voir la courbure de ses reins. J’aurais voulu entendre son cri quand elle aurait joui. Je sentais déjà ses doigts s’enfoncer dans ma chair, me griffer, je la sentais s’agripper à moi et me mordre les seins. Je sentais sa langue dans ma bouche, sur mes lèvres, sur mes cuisses. Je la sentais se frotter contre moi, je sentais son odeur, ses cheveux qui masquaient son visage…

Mais je restais là,  à la même table comme tous les soirs. J’étais là sans trop savoir pourquoi.

11.2.11

Jeu Erotique #1

RÈGLES DU JEU: Écrire un texte érotique à la première personne. Celle des deux qui n'écrit pas impose librement:
  • le lieux où se déroule l'action,
  • la personne avec qui se déroule l'action (sexe et caractéristique de son choix)
  • un objet qui devra être utilisé de manière érotique.



PREMIER ROUND



Le lieu: Une forêt
Le personnage: Un homme qui parle une langue étrangère
L'objet: Une tartine de fromage de chèvre



J’avais l’alcool triste cette soirée là, je les découvrais odieux, ils s’écoutaient parler et ils avaient des petits paquets de bave séchée aux coins des lèvres. Je suis sortie, j’ai claqué bien fort la porte, et ça m’a apaisé. Il ne faisait plus très chaud mais j’ai enlevé mes chaussures pour marcher pieds nus. J’entrais dans la foret, je sentais l’haleine moite de la terre ; et les arbres respirer. Il était brun, il parlait avec ses mains, il était italien ou bien grec, je n’ai jamais su. Il sortait, inévitablement lui aussi, de la soirée ; mais je préférais croire qu’il sortait de nul part. Il a étendu sa veste sur l’herbe embuée, il ne m’a pas déshabillé, il a juste retroussé ma jupe, il me léchait à travers ma petite culotte, je fermais les yeux et m’appliquais sérieusement : m’imaginer entourée d’autres hommes, italiens et grecs, en train de me caresser, de se caresser, de se branler au-dessus de moi, plusieurs mains me caressant, plusieurs bouches me mordant, je leur parlais dans mes pensées, j’étais grossière et vulgaire. Je sentais poindre l’orgasme, je n’étais plus que tressaillements, je lui tenais résolument la tête, qu’il ne s’arrête pas, qu’il continue et me laisse imaginer mes petites saynètes salaces, pleine de leur foutre imaginaire qui dégouline entre mes seins, sur ma bouche, dans mes cheveux. Il a finit par me retourner, il m’a déconcentré, je le sentais derrière moi, il était lourd et respirait un mélange épicé de sueur, de rhum et de clopes industrielles. J’avais froid, j’ai remis mes chaussures ; on est rentré, j’avais les cuisses qui collaient. On a dormi enlacé sur un matelas une place comme des collégiens. Il ne parlait pas, il me caressait le bras, me serrait la main. J’avais la tète qui tournait. Quand je me réveille, il est debout adossé contre le mur. Il me regarde violemment et il mange. Il est nu, je l’observe, et il bande. Son sexe en érection est gorgée de sang, violacé. J’ai l’impression que sa queue va exploser. Son regard m’excite, il me regarde avec conviction, explore mon corps minutieusement avec ses yeux, presque gravement. Je ne crois pas qu’il m’ait parlé, il m’a juste donné sa tartine et cette fois-ci il a arraché ma culotte. Un peu dans les vapes, je me retrouvais à moitié nue, une tartine de chèvre à la main, la langue d’Andrea, ou bien était-ce Kostas, faisant des aller-retour entre mon cul et mon sexe, et son nez, et ses pommettes, et son menton. J’avais l’impression d’être une star de cinéma. Ça me plaisait pas mal; de me faire lécher au petit-déjeuner, je n’étais pas complètement là, et j’essayais même de me concentrer sur ce que je mangeais. C’était savoureux. Il aimait ça, je l’entendais gémir, je le voyais se tortiller contre le lit. Il glissait ses mains partout. Il m’empoignait les fesses, et délice suprême m’enfonçait ses doigts dans les deux trous à la fois. J’ai cru que j’allais m’étouffer. J’avais l’impression de lui baiser la bouche avec mon sexe, je me pinçais les tétons jusqu'à m’en faire mal. Comme si il n’en avait pas assez de toute ma chair, il se cramponnait, s’agrippait à mon corps comme à une bouée de sauvetage. J’ai jouis désespérément. Puis j’ai finis la tartine ; il me regardait toujours aussi sauvagement, il était beau comme un pirate, avec ses belles lèvres pleines et sucrées et luisantes. C’est certain, s’il avait pu, il m’aurait tartiné de fromage.


Quelqu'un d'autre veut jouer avec nous? Envoyez nous vos contraintes...

4.11.10

Conte Exquis




REGLES DU JEU
: Pareil que pour le cadavre exquis mais cette fois Les interventions de Pepette de Port-au-Prince sont en rose, celles de Choupette de Bruxelles en noir, donc.

Il y avait deux sœurs, dans le village de Las Ocas, mais en fait on ne savait vraiment si elles étaient sœurs, et personne d’ailleurs ne pouvaient dire avec exactitude d’où elles venaient ni depuis combien de temps elles étaient là, c’est pourquoi on ne les nommait jamais autrement que “las senoritas brujitas de las Ocas”, et jusque dans les provinces les plus éloignées, tous en avaient déjà entendu parler. Il faut dire qu’elles étaient toujours en désaccord, il n’existait pas un seul point sur lequel elles tombaient d’accord, si ce n’est le jeu. Elles passaient leur temps à jouer, et inventaient toutes sortes d’obscénités. Leur préférée : le monde imaginaire. Les règles étaient rarement appliquées ce qui provoquaient des disputes terribles qui se finissaient toujours à La Taberna, repère de brigands mais aussi de tous les sorciers, magiciens et devins du coin. Les habitants du village craignaient ces deux êtres épris de liberté. A tel point qu’un jour le conseil des sages du village se réunit. A l’ombre du grand chêne, le plus ancien d’entre eux pris la parole :

- Il faut séparer ces deux furies ! Mais elles vont se tuer ! s’étranglait de peur le boulanger, il courut vers les deux sœurs rameutant avec lui tous les passants.

C’est une grande foule compacte que l’on pouvait voir au loin, bruyante de joie, menaçante d’envie, épatante de couleurs. On ne pouvait distinguer ce qu’il se passait, on ne voyait qu’un amas de bras, de jambes, divers organes, et on entendait des grognements, des protestations, une grande clameur qui finalement se détacha du tas humain pour prendre son envol. Loin au-dessus de ce brouhaha se dégageait un ciel clair avec des nuages doux et moelleux. Les deux jeunes filles regardaient le paysage s’échapper ; les petits maisons d’abord, la place, le grand cocotier, et même le boulanger finirent par s’envoler.

- Oô regarde au loin là-bas, cette foule qui chante et qui danse, partons à leur rencontre.

- Ho oui partons les rejoindre dit l’une des deux sœurs qui, à peine avait-elle finit sa phrase, était déjà bien haut dans le ciel.

- Attends moi ici, nous partirons à la nuit tombée, il ne faut pas que les autres nous voient

- D'accord mais si tu ne reviens pas… resterons nous coincées à jamais dans ces cieux embrumés ? répondit-elle tandis que des ailes, de grandes ailes duveteuses et multicolores, commençaient à pousser sur ses épaules !

- Oh merde regarde les CRS fondent sur la foule, séparons nous et à ce soir.

L'après midi se déroula dans un bordel pas possible, après maintes péripéties les deux jolis cœurs finirent par se retrouver sur le sommet enneige du Tomba-tonkiou en petits dessous, frigorifiées, devant la grande sorcière. Impressionnante et effrayante, elle semblait se transformer à chaque instant, elle prenait la forme de toutes sortes d’animaux fantastiques. A la nuit tombée, il était temps de se rhabiller. La sorcière outrée se mit à baver et à prononcer toutes sortes d’insanités. Les deux fillettes étonnées se mirent soudainement à croasser, il commença à pleuvoir violemment, le tonnerre rugit et tout en sautillant lourdement elles se délectaient de cette eau ruisselante sur leur peau à présent rugueuse et pustuleuse.

- Regarde toi petite sorcière, tu vas et viens sur ton balai, et jamais ne t’arrête, nous tu nous fais rire avec ta bave et tes gros mots, reste avec nous !

- Ordures de bave de chameaux ! on ne m'avait jamais brocardé de telle griffe de griffon, gai-luron, harpie, vache, crapaud, crapoussin, ouste, ouste, fulminait la sorcière congestionnée, qui gonflait, gonflait, gonflait.

Si bien qu’elle finit par se transformer en un arbre magique avec un tronc large et fort, et des feuilles de toutes les couleurs qui brillaient, brillaient de milles feux. Il était tellement beau et fort, que tous les habitants du village voulaient le manger, personne n’avait jamais vu un si beau sanglier. Bien gras et muscle le bucheron du village, jaloux de l’arbre, s’approcha avec sa grande hache pour l’abattre. Au moment ou il brandissait sa hache elle éclata en une gerbe de chrysanthèmes de toutes les couleurs qui se dispersèrent dans l’air et retombèrent délicatement sur la foule qui instantanément à leur contact tomba lourdement et dans un profond sommeil. Tous ils dormaient, sauf le petit lutin vert qui rentrait de sa ballade quotidienne dans la foret. Il aperçut le bucheron et dans son enthousiasme perdu la notion du temps, ses gestes étaient gauches et il tomba sur les deux sœurs endormies. Elles se réveillèrent en même temps dans leur chambre d’enfants, heureuses de retrouver le regard de l’autre. Elles se racontèrent des rêves pour se remettre de toutes ces dangereuses aventures, comme il faisait froid elles s’étaient enroulées dans des plumes d’autruches géantes ; mais elles ne se comprenaient plus et leurs langues fourchaient. Des inconnues, des questionnements, des mystères, elles espéraient pouvoir tout résoudre ensemble. Dans leur chambre d'enfants, elles se mirent a explorer, fureter, fouiller, toutes leurs cachettes d’avant. Enfin, elles trouvèrent la sérénité, plus de disputes, plus de querelles, que le jeu, le rêve l’imagination tous les jours.

Au dehors, l'hiver grondait et la nature semblait se livrer à une lutte sans merci, une étrange bataille à coup de blizzard, de grêle et de neige, les bourrasques et les tornades se mirent de la partie. L’orage se fit de plus en plus intense, des éclairs de lumières qui transperçaient le ciel, le bruit du tonnerre qui éclatait dans la pièce. Elles n'avaient plus peur car tout redevint calme et doux, il y avait une odeur de barbe-a-papa et de caramel mou. Ca sentait aussi l’herbe mouillé, il fallait sortir, courir dans les prés, se rouler dans l’herbe, il fallait crier, danser, il fallait partir à travers le monde, découvrir des paysages.

Plus rien ne pouvait leur arriver, les aventures étaient bel et bien terminées, il était temps de se marier, de faire des enfants et de conclure l’histoire. C’est ainsi, que les deux sœurs partirent à travers le monde, et racontèrent les aventures merveilleuses qu’elles vivaient ensemble dans leurs rêves.

1.10.10

Conversation de cadavres exquis


REGLES DU JEU: Alors il s'agit donc d'écrire un dialogue sur le thème de l'amour, il nous faut un contexte, ni trop large, ni trop précis, et surtout très incertain pour que nous puissions nous sentir comme des petites chattes libérées que nous sommes. Donc deux amies, discutent de l'amour, elles peuvent se poser des questions, se raconter des anecdotes, partir dans des théories, enfin faire ce qu'elles veulent comme dans la vie. Chacune des participantes aura le droit à un maximum de 6 phrases, mais elle peut n'écrire que trois mots si elle le souhaite. Nous partirons sur un échanges de 10 "couplets", celle qui commence aura la tache d'introduire le dialogue et celle qui le termine de le conclure. Pour l'introduction et la conclusion, chacune des participantes dispose si elle le souhaite de 3 phrases de plus que dans un couplet normal. Une fois que nous avons notre couplet d'écrit dans un coin, nous envoyons à l'autre par mail les 4 premiers mots du couplet qu'elle devra composer. Chacune aura 24h pour faire parvenir à l'autre les nouveaux mots, et il est formellement interdit de modifier les écritures deja réalisées. Les interventions de Pepette de Port-au-Prince en noir, celles de Choupette de Bruxelles, en rose, donc.

CADAVRE EXQUIS

Le soleil était haut, une légère brise faisait balancer les feuilles des arbres dans un mouvement régulier. ELLES, elles étaient là, assises paresseusement, face à face. Sirotant avec désinvolture leur habituel jus de tomate, elles s’épanchaient avec légèreté sur leur thème favori, l’amour.

- Et pourtant il aimait danser… , grommela mollement l’une d’entre elles. Pourquoi s’aimer ça ne serait pas juste danser… Parfois des slows, parfois des valses, des danses acrobatiques, des danses exotiques, des danses traditionnelles, des danses rituelles... Je me souviens de cet homme qui ne s’exprimait qu’à travers des onomatopées rythmiques, ces mots d’amour étaient tellement audibles…

L’autre, dans un mouvement qui parut lui demander un effort certain l’interrompit.

- Bêtise ces mots d’amour, qui aiguisent mes furieuses envies de toujours. Des idioties - insanités ! - niaiseries, mais comme il est naze mon ami bien-aimé. Salaud! Il me fais croire, avec brio, à ses histoires. Baliverne, baratin, et pourtant vois comme il m’entraine, avec ses yeux, avec ses mains. Foutaises, oh mon amour, et je le déteste plus chaque jour. Et pourtant comme ils sont doux ses mots d’amour, mon amour. Et pour chaque bouteille vidée, un mot doux susurré.

- Jusqu’à plus soif mon ami, enivrés, repus et satisfaits, on peut les voir à travers la ville. Arpentant les rues main dans la main, comme pour montrer leur attachement face aux autres, face au monde. Barrières du nous, moi je ris, barricades contre vous. Jusqu’à plus soif mon ami, je me suis déjà moi-même enivrée, exposée, déshabillée. Et nue, face aux autres, face au monde, face à lui, j’ai opté pour la barricade contre nous et la barrière face à vous.

- Toi tu fais semblant d’être invincible. Tu fais semblant et c’est risible. Et la nuit tu pleures dans ton lit, sans bruit, et tu suces ton pouce en attendant le printemps. Et tu attends, marchant, pétrifiée. Et tu apprends comment on fait. Comment on se tient, comment on se tait, comment on revient, comment on se plait. Soulagement, je ne suis pas qui je devais.

- Et j’apprends comment on joue surtout ! Petit jeux de séduction, une graine de perversion et autant d’abnégation…Un jeu sans fin, le jeu d’une vie. Mais qu’il est bon de jouer, aussi bon que ce soleil qui me réchauffe les joues.

- Ho oui tu as raison peut importe les obstacles, nous nous aimerons. Notre amour est sans nom et n’a pas de définition. Il n’a pas de patrie, pas de frontière, tu es bien plus que mon amie, ma sœur, ma paire. Nous partirons au bout du monde, et nous reviendrons. Nous mettrons le feu à nos sous-vêtements, et nous crierons à la déculottade générale et au grand frisson. L’amour est mort mais nous le ressusciterons. A grands coups de sourires, à grands coupd de pieds.

- A grand renfort de slurp, grwch, muac, ploc, vlac, krouch… Il y avait quelques bzzzzz et des fzzz, et aussi quelques chhhhht. Autant de bruits qui les rendaient à part, un langage bien à eux, je pense. Il me semble qu’il connaissait le langage des oiseaux, et elle, celui des fleurs. Ensemble ils parcouraient la nature, courraient dans l’herbe et se couchaient nus souvent dans la rosée du matin, et sais-tu comment ils se sont rencontrés ?

- Surement par hasard sur la commode. A moins que nous ne l’ayons enfermé dans le placard ? Oui maintenant que tu me le dis je crois bien me rappeler l’y avoir rangé. Tout seul dans le noir, le pauvre amour. Il est grand temps d’ouvrir ce fichu tiroir - s’il n’est pas trop tard -. A force d’attendre, il aura les jambes molles et le sang qui tourne, il se brusquera d’un rien et s’effraiera de tout. Mais nous saurons le rassurer, nous l’allaiterons, nous le cajolerons, nous lui apprendrons comme cela peut être bon.

- Et il comprendra que … - Monsieur, un autre jus de tomates ! Oui c’est ça du piment, bien rouge, et oui, comme le jus- Où en étais-je ? … Ce n’était pas moi, voila c’est ça, ce n’était pas moi, ou peut être ce n’était pas lui. Enfin bon ce n’était pas nous et voilà tout. Mais tu m’écoutes quand je te parle ?

- Non jamais, je préfère sur une île déserte m’exiler, ou bien me réfugier au creux d’une forêt. Les jours y seront gais et les amis muets.